samedi 21 février 2009

Découragement


La maladie fait partie du voyage. J’ai assez lu Bouvier pour le savoir. Aujourd’hui, pourtant, je me demande ce que je fous là, dans cet inconfort physique et moral, à chercher quelque chose d’insulaire dans des îles qui se dérobent à mes regards.

Je me sens comme dans ces routes de montagne qui vous offrent des paysages aussi merveilleux que peuvent être terribles les nausées et les vertiges. Il faut s'abandonner aux sinuosités de la route pour profiter du spectacle.

Je ne m’abandonne pas à ce balancement inconfortable et j’en ai ras le bol. De ne rien garder dans l’estomac. De n’avoir que ce maudit carnet pour compagnie. De la découverte de nouveaux insectes autour, sous, dans mon lit. De frotter frotter frotter mon linge dans l’évier. Des mêmes vêtements qui jaunissent et flottent maintenant et me donnent l’aspect d’un oisillon malade. De me recouvrir de lotion antimoustique, de crème solaire, de crème après-soleil… Ras le bol de voir passer les jours si lentement... Ras le bol de me gratter. Les bras, les jambes. La tête.

Je me réveille un peu plus tard de cette journée nauséeuse, rencontre un couple d’Allemands de mon âge. Nous discutons sur la terrasse de l’hôtel. « Je t’admire tant de faire ce que tu fais. Je serais incapable de voyager seule, surtout dans les Caraïbes. Je te trouve vraiment très courageuse. » Je baisse la tête, me demande même si je ne rougis pas. Pour ne pas me sentir une complète imposture, je précise que je voyage seule pour la première fois.

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